Réserver un spectacle de guignol

Qui ne connait pas cette une idole en chiffon qui tient haut et fort un bâton afin de taper sur la tête de la plupart des bandits de ce monde réduit. On le voit se promenant dans les fêtes d’école pour amuser les enfants, et ce malgré les grèves des intermittents du spectacle. Il sait travailler quand il le faut. C’est un travailleur ou du moins son manipulateur en est un.

guignol

Vite, guignol arrive, il faut lui réserver un accueil chaleureux.

Et si la marionnette était, aussi, une môme néant ? Si elle se révélait insaisissable, elle qui se fait et se défait avec la représentation n’offrant plus qu’un bout de carton ou un morceau de feuillard?
Ses degrés d’existence sont si variables, selon les cas, qu’ils la mènent de l’élaboration la plus raffinée, la plus crispée sur le fini,  presque une poupée de collection  jusqu’à l’évanouissement d’un objet ou d’une forme qui font marionnette fugitivement dans un spectacle, voire jusqu’au néant complet dans ce numéro classique où subsiste, nue, la seule main du montreur. Mais les émerveillements ont moins, à l’heure actuelle, vers les performances du savoir-fabriquer que vers les surprises des mutations. Alors, une marionnette, à quoi cela ressemble-t-il? C’est un objet qui joue, animé par un «support» humain Et son jeu figure, symbolise, raille, exorcise l’activité des hommes. Le fait que la marionnette soit passive et manipulée, alors que l’acteur, étymologiquement, agit, est la clé des deux aventures opposées qui l’ont affectée. Tantôt elle est dévalorisée au point de fournir une métaphore de l’impuissance, de l’« aliénation» humaine : l’Europe baroque et romantique voit volontiers l’homme comme une marionnette dont Dieu, le Destin ou d’autres
forces «tirent les ficelles».

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